TPE-PME : face au choc des coûts, les entreprises entrent dans une zone de risque majeure

Alors que le gouvernement doit présenter ce jeudi des mesures de soutien aux entreprises et aux salariés confrontés aux conséquences économiques de la crise au Moyen-Orient, la CPME alerte sur la dégradation rapide de la situation des TPE-PME. Selon une enquête menée auprès de 2 350 dirigeants du 28 avril au 12 mai 2026, les entreprises ne peuvent plus absorber seules le choc des coûts.

La situation économique des TPE-PME françaises se dégrade nettement. Au premier semestre 2026, 45 % des dirigeants interrogés constatent une détérioration de la situation globale de leur entreprise. Les perspectives ne laissent pas entrevoir d’amélioration rapide : les anticipations pour le second semestre restent très dégradées, dans un contexte de marges comprimées, de trésoreries fragilisées et d’incertitude persistante.

La trésorerie constitue désormais le principal point de tension. 38 % des dirigeants jugent leur trésorerie tendue ou critique, dont 11 % dans une situation où la survie de l’entreprise est menacée à court terme. Cette fragilité est d’autant plus préoccupante que l’accès au financement bancaire devient plus difficile pour les entreprises déjà exposées.

La crise au Moyen-Orient agit comme un accélérateur de ces difficultés. 78 % des chefs d’entreprise déclarent que leur activité est directement impactée. La hausse des coûts, en particulier des carburants, de l’énergie et des matières premières, pèse brutalement sur les équilibres économiques. Or, une grande partie des TPE-PME n’a pas la capacité de répercuter ces surcoûts sur ses prix de vente, sauf à perdre des clients ou des marchés.

Pour la CPME, le risque est clair : un effet ciseau entre baisse d’activité, hausse des charges et trésoreries sous pression. Ses conséquences peuvent être immédiates sur l’investissement, mais aussi sur l’emploi. Déjà, près d’un dirigeant sur cinq indique avoir réduit ses effectifs au premier semestre. Si rien n’est fait rapidement, la situation pourrait basculer pour de nombreuses entreprises.

« Les TPE-PME ne peuvent pas être la variable d’ajustement d’un choc international qu’elles ne maîtrisent pas. Quand les coûts explosent et que les marges disparaissent, c’est l’investissement, l’emploi et parfois la survie même de l’entreprise qui sont en jeu », déclare Amir Reza-Tofighi, président de la CPME.

La CPME attend donc des annonces gouvernementales des mesures rapides, ciblées et immédiatement mobilisables. Elle appelle en particulier à permettre le report ou l’étalement des charges fiscales et sociales pour les entreprises les plus fragilisées, ainsi qu’à préserver le soutien à l’investissement, afin d’éviter que les arbitrages de court terme ne compromettent la capacité de rebond des TPE-PME.

L’étude complète est disponible sur le site internet de la CPME.